Une simple vidéo partagée sur TikTok a conduit à une découverte scientifique exceptionnelle à Taghazout, sur la côte atlantique marocaine. Des chercheurs marocains ont confirmé la présence d’empreintes de dinosaures théropodes, datant de plusieurs dizaines de millions d’années, révélant une page fascinante de l’histoire géologique du Maroc.
Une découverte née d’une vidéo virale
Tout a commencé lorsque des jeunes randonneurs ont filmé d’étranges empreintes dans une roche et les ont partagées sur TikTok. La vidéo a rapidement attiré l’attention des spécialistes de l’AMORS (Association marocaine pour l’orientation et la recherche scientifique), qui se sont rendus sur place pour vérifier la nature de ces marques.
« Une fois sur le terrain, nous avons constaté qu’il s’agissait bien d’empreintes fossilisées de dinosaures », a confirmé Moussa Masrour, professeur et chercheur au Musée de géologie et d’histoire naturelle d’Anza. Cette découverte s’ajoute à une série de trouvailles paléontologiques récentes qui confirment l’extraordinaire richesse géologique du Maroc.
Taghazout, nouveau site paléontologique majeur
Selon les premières analyses, les roches de Taghazout appartiennent à la même époque géologique que celles d’Anza, où d’autres empreintes avaient été découvertes en 2014. Ces vestiges dateraient du Crétacé supérieur, entre 84 et 85 millions d’années.
À cette époque, la région ne ressemblait en rien à ce qu’elle est aujourd’hui : le littoral marocain était une vaste plage où des dinosaures carnivores et herbivores circulaient. L’étude de ces empreintes offre de nouvelles perspectives sur l’évolution des espèces ayant peuplé le territoire nord-africain avant la formation de la chaîne de l’Atlas.
Cette découverte conforte la position du Maroc parmi les pays les plus riches au monde en patrimoine paléontologique, avec des fossiles d’une valeur scientifique inestimable retrouvés notamment à Kem Kem, Béni Mellal, Azilal et Anza.
Préserver un patrimoine scientifique exceptionnel
Les chercheurs du musée d’Anza travaillent désormais à la préservation des empreintes de Taghazout. Une opération de moulage en silicone est en cours afin de reproduire les traces et d’en assurer la conservation sans les altérer.
Ce procédé permettra d’exposer ces empreintes dans les musées marocains et d’en faire un outil éducatif et touristique. « L’idée est de créer un lien entre la science et le grand public », souligne le professeur Masrour.
Ces travaux s’inscrivent dans une stratégie nationale de valorisation du patrimoine naturel marocain, renforçant la place du Royaume comme acteur majeur de la recherche paléontologique en Afrique.
Une fierté scientifique et culturelle pour le Maroc
Cette découverte née des réseaux sociaux démontre l’importance de la sensibilisation scientifique auprès des jeunes Marocains. En partageant leurs vidéos, ils ont contribué à révéler un site paléontologique d’envergure internationale.
Le Maroc, déjà connu pour ses fossiles marins et ses vestiges de dinosaures, confirme ainsi son rôle central dans la compréhension de l’histoire de la Terre.


