Un village vieux de 4 200 ans mis au jour à Kach Kouch bouleverse les connaissances sur la Méditerranée préhistorique
Une découverte majeure au Maroc : Un ancien village pré-phénicien réécrit l’histoire du Maghreb

Une découverte archéologique exceptionnelle a récemment eu lieu à Kach Kouch, au nord-est du Maroc. Ce site, situé dans la région de Oued Beht, révèle les vestiges d’un village de l’âge du bronze qui aurait été occupé bien avant l’arrivée des Phéniciens, repoussant ainsi les limites chronologiques connues de l’histoire du Maghreb.

Les recherches, publiées dans la revue scientifique Antiquity, montrent que la région était un espace dynamique, peuplé de communautés structurées et pleinement intégrées à la préhistoire méditerranéenne entre 2200 et 600 avant J.-C.. Cette occupation, bien antérieure à celle des Phéniciens vers 800 av. J.-C., réécrit totalement le récit de la préhistoire en Afrique du Nord.

Une réécriture de l’histoire à Kach Kouch

Les fouilles dirigées par une équipe maroco-espagnole ont permis d’identifier de nombreux tessons de poterie, des ossements d’animaux domestiques (moutons, chèvres, bœufs) et des restes de cultures telles que l’orge et les légumineuses. L’analyse des structures bâties démontre une organisation complexe, avec des habitations rondes en torchis, des fosses de stockage, des fours, et même des installations artisanales.

Certains objets en fer, en pierre taillée, des perles et des amphores suggèrent l’existence d’échanges commerciaux avec d’autres peuples méditerranéens, bien avant que les Phéniciens ne s’établissent dans la région.

Le Maghreb, carrefour de la Méditerranée ancienne

Cette découverte repositionne le Maghreb comme un acteur majeur du monde méditerranéen dès l’âge du bronze. Contrairement à l’idée longtemps véhiculée d’un territoire vide avant l’arrivée des Phéniciens, le site de Kach Kouch révèle une présence humaine structurée et connectée. Les populations locales entretenaient des liens avec des sociétés mycéniennes, égyptiennes et phéniciennes, participant activement aux échanges de biens, de savoirs et de technologies.

Hamza Benattia, chercheur associé au projet, souligne que cette découverte met en lumière un passé sous-estimé et peu exploré, qui redéfinit non seulement l’histoire du Maroc, mais aussi celle de toute la Méditerranée occidentale.