Dans un monde marqué par des crises politiques, économiques et écologiques, la philosophie invite à une réflexion profonde : et si le premier pas pour affronter les désordres du monde commençait par prendre soin de soi ? C’est la question posée par Frédéric Worms dans sa chronique, s’inspirant des pensées de Jan Patočka et Pierre Hadot, deux philosophes qui rappelaient déjà dans les années 1970 que le soin de l’âme n’est pas une fuite, mais une condition de résistance.

Prendre soin de soi pour mieux affronter les désordres du monde une philosophie utile aussi en trek

Cultiver une vigilance intérieure

Selon cette vision, prendre soin de soi ne signifie pas un simple repli sur son bien-être individuel, mais reconnaître que la santé de notre psyché a un impact collectif. Nos excès intérieurs – colère, haine, narcissisme – peuvent avoir des répercussions destructrices non seulement sur nous-mêmes, mais aussi sur nos sociétés.

L’histoire en témoigne : de Néron à Caligula, et jusqu’aux dictateurs modernes, les passions humaines mal maîtrisées ont menacé la stabilité du monde.

Une responsabilité éthique et collective

Prendre soin de son esprit et de son corps devient ainsi une responsabilité partagée. Cela revient à cultiver un équilibre intérieur capable de réduire les désordres collectifs. Comme le rappelle Worms, « prendre soin de l’âme nous aide à résister intérieurement et à comprendre comment certaines pathologies peuvent aggraver les dangers du monde ».

Le parallèle avec les treks et la marche en pleine nature

Les treks, souvent perçus comme une aventure sportive ou touristique, s’inscrivent parfaitement dans cette logique philosophique.

Marcher plusieurs heures au cœur de la nature est une pratique qui apaise les tensions intérieures, recentre l’esprit et permet de renouer avec une part d’universel.

Dans les montagnes, les déserts ou les forêts, le trekker apprend à écouter son corps, à canaliser ses émotions et à trouver dans la simplicité un équilibre face aux désordres du quotidien.

Une pratique pour mieux résister aux désordres du monde

Ainsi, tout comme la philosophie incite à cultiver la sérénité intérieure, le trekking offre une expérience concrète de ce travail sur soi. En prenant soin de son mental et de son physique dans l’effort, on développe une résilience personnelle qui, à terme, bénéficie à l’ensemble de la communauté.