Dans son ouvrage devenu une référence, L’Utilité de l’inutile, le philosophe italien Nuccio Ordine défend une idée forte : les savoirs, les arts et la culture possèdent une valeur essentielle, même lorsqu’ils ne produisent aucun bénéfice économique immédiat. À l’heure où la rentabilité guide de nombreux choix de société, cette réflexion apparaît plus pertinente que jamais.
Quand la logique de l’utilité domine
Pourtant, réduire le savoir à son seul rendement économique revient à ignorer ce qui construit l’être humain : la curiosité, la créativité, la réflexion et l’esprit critique.
Les humanités, un pilier de la société
Selon Nuccio Ordine, les humanités jouent un rôle fondamental dans la formation des citoyens. La lecture, la poésie, la musique, l’histoire ou encore la philosophie permettent de développer une pensée libre et d’enrichir notre compréhension du monde.
Ces disciplines ne produisent pas forcément un profit immédiat, mais elles nourrissent l’intelligence, la sensibilité et le dialogue entre les cultures.
L’art et la culture comme moteurs de l’humanité
L’auteur rappelle que les plus grandes avancées humaines ne sont pas uniquement issues de la recherche de profit. Les œuvres littéraires, artistiques et philosophiques traversent les siècles parce qu’elles répondent à des besoins profonds : comprendre, transmettre, créer et imaginer.
Loin d’être inutiles, ces formes d’expression participent pleinement au développement des sociétés et à la préservation du patrimoine culturel.
Une critique de la société de la performance
La réflexion de Nuccio Ordine invite également à remettre en question une vision du monde exclusivement tournée vers l’efficacité. Lorsque tout est évalué selon sa rentabilité, certaines valeurs essentielles risquent d’être marginalisées : la beauté, le savoir, la transmission ou encore la liberté de penser.
Cette critique trouve aujourd’hui un écho particulier dans un contexte marqué par l’accélération technologique et la recherche permanente de résultats.
Un message toujours d’actualité
Plus de dix ans après sa première publication, L’Utilité de l’inutile demeure une œuvre de référence pour celles et ceux qui s’interrogent sur le rôle de la culture, de l’éducation et des humanités dans nos sociétés.
Son message rappelle que la connaissance ne doit pas être uniquement considérée comme un outil de production, mais aussi comme un moyen de former des citoyens éclairés, capables de comprendre les grands enjeux du monde contemporain.
Une invitation à redonner sa place au savoir
À travers son essai, Nuccio Ordine propose une réflexion universelle sur la valeur de l’éducation et de la culture. Son plaidoyer en faveur des humanités invite à préserver les disciplines qui nourrissent la pensée, l’imagination et la liberté intellectuelle.
Dans un monde où l’utilité immédiate tend à s’imposer comme seul critère de valeur, cette œuvre rappelle que certaines richesses, bien qu’immatérielles, restent indispensables à l’épanouissement individuel et collectif.


