Annoncée en novembre 2023, l’Initiative Atlantique portée par le Maroc ambitionne de relier les pays enclavés du Sahel, comme le Mali, le Burkina Faso ou le Niger, à la façade maritime atlantique, à travers un vaste réseau de routes et de corridors logistiques. Une initiative d’envergure stratégique, estimée à près d’un milliard de dollars, qui s’inscrit dans un contexte régional marqué par l’instabilité et la recomposition des alliances.

Maroc un projet titanesque pour relier le Sahel à l’océan Atlantique

Une vision géopolitique ambitieuse

L’objectif est de transformer l’économie de la région et de favoriser l’intégration des pays du Sahel, en leur offrant un accès direct aux ports marocains. Pour Rabat, cette infrastructure gigantesque constitue aussi un levier d’influence en Afrique de l’Ouest, notamment dans les zones sahariennes encore fragiles. Ce projet s’accompagne d’investissements logistiques, comme le futur port en eau profonde de Dakhla Atlantique, qui viendra renforcer le dispositif.

Près d’un milliard de dollars mobilisés

Selon les autorités marocaines, le coût du réseau reliant la Mauritanie, puis le Tchad, pourrait approcher un milliard de dollars (environ 930 millions d’euros). Cet axe routier et logistique ambitionne de sécuriser l’approvisionnement des pays sahéliens, tout en consolidant le rôle du Maroc comme hub commercial et diplomatique en Afrique de l’Ouest.

Des défis sécuritaires et techniques

Malgré l’ampleur du projet, plusieurs obstacles persistent. Dans certaines zones comme le Tchad, la situation sécuritaire et l’état des infrastructures existantes compliquent l’avancée des travaux. Des experts évoquent la nécessité d’assurer la stabilité et de consolider la coopération régionale avant de rendre ces corridors pleinement fonctionnels.

Le port de Dakhla Atlantique, pierre angulaire

Point névralgique de l’Initiative Atlantique, le port en eau profonde de Dakhla, actuellement en chantier, représente un maillon essentiel. Avec un investissement annoncé à 1,2 milliard d’euros, il devrait permettre d’accueillir les flux de marchandises provenant du Sahel. À ce jour, les travaux sont avancés à hauteur de 38 %, avec une mise en service prévue d’ici 2028.