Le Maroc a été frappé, au cours des dernières 24 heures, par un épisode météorologique intense marqué par de fortes précipitations. Des régions comme Marrakech, Drâa-Tafilalet, Errachidia, Azilal, et plusieurs villes du centre et du nord ont été durement touchées, provoquant inondations, coupures de routes, et suspension des cours dans plusieurs établissements scolaires.

Inondations au Maroc : fortes pluies, dégâts et espoir de reconstitution des réserves hydriques

Des dégâts considérables dans plusieurs régions

À Marrakech, des orages violents accompagnés de grêle ont paralysé la circulation dans de nombreux quartiers, notamment sur les avenues Mohammed VI et Targa. Le système de drainage s’est révélé insuffisant, aggravant la montée des eaux. Les réseaux sociaux ont abondamment relayé les images de chaos, avec des véhicules coincés dans les inondations et des habitations submergées.

Dans la région de Drâa-Tafilalet, des crues soudaines ont provoqué la fermeture de routes comme la R704 entre Boumalne Dadès et M’semrir ou encore la nationale 10 entre Ouarzazate et Kelaât M’Gouna. Des précipitations record ont été relevées à :

  • Amzri-Imi N’Oulaoune : 30 mm
  • Tansghoultine (Zagora) : 29 mm
  • Imilchil (Midelt) : 23,9 mm
  • Ighil N’Mgoun : 24 mm

À Errachidia, la crue de l’Oued Rouge a emporté une citerne de carburant dans la zone de Boubernouce, heureusement sans faire de victime. La mobilisation rapide des autorités a permis d’éviter le pire.

À Ouarzazate, la direction provinciale de l’Éducation a décidé de fermer temporairement les écoles dans plusieurs communes (Imi N’Oulaoune, Ghessat, Toundoute), en application des consignes de sécurité.

Des précipitations bénéfiques pour les barrages

Malgré les dégâts matériels, les effets positifs sur le remplissage des barrages sont notables. Au 12 avril 2025, le volume total d’eau stockée atteignait 6,417 milliards de m³, soit 38,28 % de la capacité totale, contre 32,80 % l’année précédente. Certains barrages comme ceux de Loukkos, Bouregreg et Tensift dépassent désormais les 50 %.

Cependant, plusieurs barrages stratégiques restent en dessous des seuils critiques, notamment :

  • Oum Er-Rbia : 10,5 %
  • Souss-Massa : 21,78 %
  • Drâa-Oued Noun : 29,30 %

Une gestion des ressources en eau à renforcer

Selon Ahmed Talhi, expert en environnement, les besoins annuels du Maroc en eau s’élèvent à environ 5 milliards de m³. L’actuel stock ne couvre qu’à peine une année de consommation, d’où l’importance d’une gestion plus efficiente des ressources et d’une politique d’adaptation climatique renforcée.

Les nappes phréatiques, sources et puits ont également bénéficié de ces pluies, redonnant espoir aux agriculteurs pour les cultures de printemps. Néanmoins, l’irregularité des pluies reste préoccupante pour la saison agricole globale.