Depuis 2020, le Maroc a mis en œuvre 163 opérations d’ensemencement artificiel des nuages, dans le cadre du programme stratégique « Al-Ghaith ». Conçu pour lutter contre la sécheresse et maximiser les ressources en eau, ce programme s’inscrit dans une volonté nationale de garantir un approvisionnement en eau plus stable pour les régions touchées par la pénurie hydrique. Le ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, a partagé ces informations, soulignant une intensification récente de cette initiative avec une augmentation notable des interventions en 2024, atteignant 70 opérations en seulement dix mois.

Ensemencement artificiel des nuages : une stratégie hydrique clé au Maroc

Historique et objectifs du programme « Al-Ghaith »

Lancé par le défunt Roi Hassan II, « Al-Ghaith » a évolué sous l’impulsion du Roi Mohammed VI, intégrant des technologies modernes et des méthodes avancées. L’objectif du programme est de stimuler artificiellement la pluie dans des conditions météorologiques optimales, pour accroître les précipitations d’une manière contrôlée. La période d’activité s’étend généralement de novembre à avril, bien que des développements récents visent à étendre cette période sur l’ensemble de l’année.

Les avancées technologiques du programme

Les opérations d’ensemencement sont menées en utilisant des générateurs de sol installés dans 20 sites répartis dans les centres de Béni Mellal, Azilal, et El Hajeb. Ces générateurs produisent des nuages artificiels en injectant dans l’atmosphère des produits chimiques, tels que l’iodure d’argent, pour encourager la formation de précipitations. Le programme est également doté d’instruments de mesure avancés et de systèmes de prévision météorologique à courte échéance, garantissant une précision optimale pour chaque opération.

Les résultats et défis du programme « Al-Ghaith »

Selon Nizar Baraka, l’ensemencement des nuages ne doit pas être confondu avec les fortes pluies et les inondations enregistrées dans certaines régions, comme le Sud-Est du Maroc, qui sont le résultat de conditions climatiques extrêmes, exacerbées par le changement climatique global. Le calendrier des opérations est rigoureusement défini pour éviter toute intervention lors de conditions météorologiques instables, garantissant ainsi la sécurité des populations.

Un développement ambitieux prévu pour les années à venir

La prochaine phase du programme « Al-Ghaith » prévoit la création de quatre nouveaux centres régionaux dans les zones de Taza, Tensift, Souss-Massa-Draa, et Khénifra. Ces centres viendront compléter les installations actuelles et permettront des opérations en toutes saisons. En parallèle, un avion spécialement équipé d’un laboratoire de microphysique et d’outils d’ensemencement des nuages viendra renforcer les capacités opérationnelles du programme.

Un accord multilatéral a été signé entre plusieurs ministères pour assurer la pérennité et l’expansion de « Al-Ghaith ». Ce partenariat vise à fournir un budget permanent, à établir un cadre juridique solide et à intégrer les dernières technologies pour améliorer l’efficacité des opérations.

Un futur prometteur pour la gestion hydrique du Maroc

L’extension de « Al-Ghaith » démontre l’engagement du Maroc pour une gestion durable de l’eau, dans un contexte où les changements climatiques et la sécheresse posent des défis critiques. Avec une gouvernance renforcée, un budget permanent, et des équipements de pointe, le Maroc espère améliorer la résilience de ses ressources en eau, au bénéfice de l’agriculture, des populations rurales et des zones urbaines dépendant de ces précipitations artificielles.

Le programme d’ensemencement des nuages « Al-Ghaith » marque une étape majeure dans la politique hydrique du Maroc. Par l’adoption de méthodes avancées et une expansion géographique, le Royaume aspire à lutter plus efficacement contre la sécheresse et à sécuriser ses ressources en eau pour les générations futures.